Une course aussi mythique qu'insolite. I - Jean Marc Dhilly Jean Marc : un Alfiste passionné et convivial, amoureux d'Alfa Roméo (il en a 7). Absent cette année du Tour Auto et du Tour d'Espagne afin de participer à son rêve la Carrera Panamericana. Selon ses habitudes Jean Marc n'aura pas d'assistance, Jean Marc aura un copilote mexicain qu'il connaîtra sur place et toujours selon ses habitudes, Jean Marc se débrouillera !! De ses 3 dernières courses, il termina 3e au rallye VHC du Béthunois, 1er à Aire sur la Lys et 2e des routes du Nord VHC. Il participera au rallye VHC du Touquet le 8-9-10 octobre avant de s'envoler vers le Mexique pour y disputer cette course mythique.
A son actif : II - Historique Tout commence en 1950 avec l'achèvement de la section mexicaine de la route panaméricaine, vaste route qui devait relier toute l'Amérique de la Patagonie à l'Alaska. Afin de célébrer dignement cet événement, naît l'idée d'une course de 3400 km à travers le Mexique. Cette course mexicaine rassemble les fous du volant. de très graves accidents, ainsi qu'un coût d'organisation élevé, ont incité les autorités mexicaines à mettre un terme à l'aventure 4 ans après. Ce n'est qu'en 1988 qu'un passionné, Eduardo Léon allait donner un nouveau départ à cette épreuve, en la faisant renaître sous sa forme de rallye Historique actuelle. La Carrera met en présence une caravane de voitures anciennes plus ou moins authentiques, cravachées par une horde de pilotes motivés par de primaires instincts : la recherche bestiale de la vitesse pure ! Depuis cette date, ces mêmes véhicules d'époque font revivre cette course de « Ouf » qu'aucun radar Sarkosien ne ralentit ! III - L'épreuve L'épreuve est magnifique, dangereuse et épuisante avec 3000 km à parcourir en 7 jours entre Tuxtla au sud est du Mexique et Nuevo Laredo au Nord Ouest. Des paysages grandioses, des joyaux de l'architecture, mais à quelle vitesse. Promenade, régularité non vitesse chaque itinéraire quotidien nous offre de grandes distances chronométrées où le Français Pierre de Thoisy vainqueur à plusieurs reprises a été contrôlé à 327 km/h.
Cela ressemble au canon ball et de plus le port d'arme est recommandé !
C'est un évènement international majeur.
La moitié des concurrents seulement à l'arrivée.
Des distances quotidiennes de 1000 km ponctuées d'épreuves chronométrées
de vitesse sur route fermée, un vrai rallye.
Une des épreuves de vitesse comporte 350 virages sur 60 km mais les
autres sont surtout de grandes courbes et de longues lignes droites avec
des moyennes horaires de 250 km/h. Que vais je faire avec mon 4 cylindres
aussi bruyant que brillant !. IV - La voiture La voiture : une Alfa Roméo Giulia Super de 1965 allégée mais équipée d'arceau de sécurité, de baquets, d'harnais, de radiateur d'huile et de ventilateur, il fait chaud là-bas.
Un moteur le plus beau 4 cylindres jamais conçu à l'époque, double arbre
à came, 2 carburateurs double corps Weber, les chevaux de feu sont bien là,
prêts à être cravachés.
C'est çà, la Giulia : Esté coche représentà una çinteçis idéal entre élégancia, potencia, deportinidad y armonia. Estamos subyugado por la fluidès y émocionado por la sènçualidad de sus linéas
Il existe 2 catégories.
Pour ma part je suis en catégorie A 4 cylindres |
La course
L'Alfa Roméo (photos 1-2) et son équipage ont terminé cette course folle. 50% de montagnes + 50% de lignes droites = 100% de difficultés Dimanche 17 octobre : Débarquement
Arrivée 38° de température extérieure ! Lundi 18octobre : Les voitures Malgré le rendez vous pris la veille à 9h, le portail est clos et les chiens errants dans l'enclos de nos voitures rendent impossible toute tentative de récupération des voitures sans les propriétaires 3 gros hommes aux mines patibulaires !! Le transitaire n'aurait réglé que la moitié des frais de garde ! A 12h 30 le contact moteur est enfin mis. Les voitures ont été un peu chahutées au débarquement et nous réparons, la Porsche a carrément pris feu dans un garage fuite à la partie mâle de la durite d'huile au dessus de l échappement mon copilote mexicain Eduardo Pedregal est devenu blanc avec l'extincteur ils pourront repartir mais la soudure sur aluminium n'est pas évidente ici. La Facel Vega des autres Français est en cours de dédouanage on leur avait dit une heure. Il leur faudra deux jours ! L'après midi se passera à l'achat de l'additif octane booster, en effet leur taux d'octane est de 87 il nous faut trouver le dosage pour obtenir du 98 Mardi 19 octobre : Veracruz Tuxtla Nous rejoignons le point de départ. Découverte du trafic routier mexicain. L'autoroute est payante, De gros panneaux "Retorno" tous les 10 kms vous permettent de reprendre la voie inverse en traversant le terre plein central ! Gros danger ! Surtout pour les camions double semi-remorque de 52 m de long ! La nuit tombait, un obstacle blanc surgit au loin une vache ! Elle venait de se faire culbuter nous comprenons la présence du tracteur agricole sans éclairage doublé avant!! Attention un câble au milieu de la route!! Je ne peux l'éviter style petite bordure de trottoir à 140 km heure. Mon copilote mexicain me dit "c'est un serpent" je freine brusquement je ne le crois pas ; marche arrière (oh ! si on peut il y a même des piétons sur l'autoroute) effectivement à la lumière des phares nous n'avons jamais retrouvé mon morceau de câble!!! Sans compter, les fameux "hoyos" nids de poule, le véhicule précédent informe l'autre avec ses warnings d'accord mais de temps à autre je n'ai personne devant moi !!!! Mercredi 20 octobre : Les Contrôles
Aujourd'hui contrôles administratifs et médicaux (photo 5) prise de la licence mexicaine car évidemment la
licence internationale n est pas valable au Mexique!!!!
Vérifications techniques: comme en France avec en plus les filets aux portes style Nascar (photo 6), 2 minerves
accrochées a l'arceau.
Nous avons une fuite au pont arrière, le dessous de la carrosserie est dégoulinante d huile, j'en déduis que en
roulant l'huile est projetée vers le haut, serait-ce le joint cylindrique ou un trop plein ? Non apparemment je
démonte le bouchon arrière, il y en a toujours à surveiller le différentiel. Jeudi 21 octobre : épreuve de pré qualification de 34,5 kms Rencontre avec Gustavo Serrano Anza 76 ans ayant couru avec Jean Behra (feuille et photos 27-28 ci-jointes) dans les années 50 Derniers préparatifs, briefing, remise du road book de l'épaisseur d'un gros bottin de téléphone, puis épreuve de qualification sur route fermée de 34.5 km. Je pars donc 35e sur 70, les notes, la confiance et la compréhension avec mon copilote mexicain ne requièrent pas la perfection. Pire pour Pierre de Toisy sur sa Mercedes 300 SL, il perce un piston. Vendredi 22 octobre : Tuxtla Oaxaca = 550 km Ma Giulia est à l'aise dans les virages des spéciales mais les lignes droites sont pied au plancher, je manque de puissance. Les épreuves de liaison sont sécurisées par la police fédérale et c'est un bonheur d'être escorté avec des intersections temporairement barrées pour notre passage. De ce fait, le 140 km/h en agglomération me fait frémir !(photo 8) Surprise du soir : 1er de l'étape du jour dans ma catégorie 4 cylindres à 30 secondes devant une BMW. Samedi 23 octobre : Oaxaca Puebla = 500 km Vu le résultat de la veille, je pars en 19e position entre 2 voitures américaines énormes (photo 9). Le départ des spéciales est espacé de 30 secondes seulement, les rétroviseurs sont passés à l'Ajax vitres ! Je résiste à la BMW et lui colle même 1 minute de plus sur les 4 épreuves spéciales. Le revêtement est très abrasifs et mes pneus gomme tendre n'ont pas survécu, direction le centre commercial le plus proche et vite Dimanche 24 octobre : Puebla-Morelia 500kms
Je pars en 18e position, le jour pas de chance pour les Français.
Altitude, nous sommes à plus de 3500 m, la voiture n'avance plus, j'avais changé le gicleur essence pour
un plus petit ? manque d'air, la pompe à essence est brà»lante ! Je ne comprends toujours pas.
La voiture me lâche en pleine spéciale, je suis à l'arrêt, je démonte carbu, pompe, arrivée du réservoir,
nous repartons mais trop tard pour les autres épreuves de vitesse. Lundi 25 octobre : Morelia-Aguascalientes 600kms Redescendu en 35e position, après avoir absorbé des temps forfaitaires de la veille, je me retrouve derrière la Porsche des Français Machoir Ste Beuve, l'état de leur mécanique me laisse la route libre. Ce qui me permet pour la 3e fois de gagner l'étape catégorie 4 cylindres. Heureusement ce ne sont pas des coupes mais des plaques en ardoise gravées Mardi 26 octobre : Aguascalientes-Zacatecas 300kms Je pars juste devant Pierre de Thoisy revenu avec un moteur n'excédent pas les 4000 tours.(photos11-12) D abord ce matin les épreuves étaient en montagne style les Cévennes, je me suis régalé, trois épreuves consécutives : 17kms/32kms/20kms. L organisateur du Touquet, Philippe Flament est battu pour 52kms. Dans la 2e épreuve au départ "Précaution!un arbre tapé par un concurrent est tombé sur la route" Où ? On ne sait pas 54321 je pars. Ouf en effet je vois au loin un sapin couché et je prends comme mon ou mes prédécesseurs la pointe du sapin a fond ouf !c'est passé !! Cet après midi 2 autres épreuves plus un circuit je me suis défoncé et je repars demain en 19e position départ et général 2eme de ma catégorie ce rallye est fabuleux et grandiose. La Porche est sur un plateau et la Facel a cassé son arbre de transmission Mercredi 27 octobre : Zacatecas- Zacatecas 80kms Première épreuve de vitesse sur un circuit 6 tours chronométrés à effectuer, incompréhension avec mon copilote qui m'indique la sortie en pleine chicane alors qu'il restait un tour à effectuer et les photos vous montrent le résultat, erreur de sa part erreur de la mienne avec le mauvais réflexe de freiner !!! (photos 13-14-15) Heureusement nous sommes pris en charge par un garagiste local antique, sa famille et ses chiens deux caniches à la couleur blanche d'origine !! (photos 16-17) Deux vérins et la pression de la carrosserie sur les deux roues arrières se relâche Les jantes sont fortement voilées et nous partons à la recherche d'écartement similaire Là c'est la rencontre avec un Mexicain prisonnier par les allemands en France au débarquement, quelques notions de français subsistent 82 ans il veut me vendre sa Chevrolet 41 trônant au milieu de son jardin . 1941 oui je l'ai acheté dès que je suis rentré de chez vous !! (photos 18-19-20) Cent mille pesos et il insiste, un peu moins de 10 000 F mais le prix du bateau ruine la valeur vénale !! Enfin on trouve une jante de Chevrolet ayant les mêmes dimensions et nous repartirons donc le lendemain !! Jeudi 28 octobre : Zacatecas-Nuevo Laredo 700kms
Problème moteur, les relations de mon copilote nous sauveront une fois de plus
Dans un dédale de rues derrière un taxi nous trouvons le garage, au fond une Dinalpine Renault,
(photos 21-22) une vieille mini et une Mustang, bon monsieur nous rassure, il fait dans l'ancienne !!
Pompe à essence changée nous arrivons pile pour le départ
Les épreuves de vitesse se font carrément sur une grande nationale interdite à la circulation le temps
de notre passage puis le bouquet final, l'apothéose de ce rallye "l'autoroute"
Cent trente kms de voie d'autoroute fermée à notre profit ! Imaginez en France une voie d'autoroute
réservée à une course automobile !! Monsieur Gustavo Serrano Anza Un vieux Monsieur Gustavo Anza me rencontre intrigué par ma nationalité Francaise ! "J'ai couru les premières éditions de cette course avec un Français Jean Behra" Stupéfaction de ma part, Jean Behra , bien que d'une autre génération ses articles dans le journal lva m'ont toujours impressionnés jusqu'au dernier . On me parle à des milliers de kms de ce personnage synonyme de Monthléry oui mais ici de la Panaméricaine, je suis étonné Plus d'une heure avec ce Monsieur me parlant des Français dans cette course
En 1951 :
En 1952 :
En 1953 : |